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Autres dépendances

Beaucoup de personnes homosexuelles disent avoir une dépendance : parfois l'alcool, parfois la drogue. Les textes qui suivent sont là pour une meilleure compréhension, dénuée de tout jugement. Si une personne se reconnaît dans ces lignes, qu'elle n'hésite pas à en parler à un Conseiller sur notre site.

La prise excessive d'alcool

« L’alcool tue lentement, mais nous on n’est pas pressé » (un alcoolique)

L’alcool fut autrefois employé comme remède : ce fut le seul anesthésiant utilisé pendant les campagnes napoléoniennes. En 1960, chaque français adulte buvait 25 litres d’alcool pur par an. Ceci était dû à la consommation quotidienne de vin rouge ordinaire, très répandue. En 1980, cette moyenne tombait à 20 litres, puis à 15 beaucoup plus tard.

Environ 10 à 12% de la proportion des consommateurs d'alcool sont alcooliques chroniques ou ont un sérieux problème de boisson.

Les méfaits de l’alcool

L’alcoolisme provoque des milliers de morts chaque année (environ 50 000), par cancers de la bouche, de la gorge, de l’œsophage, du pancréas, du côlon, cirrhose du foie, maladies du système nerveux, troubles cardio-vasculaires, accidents de la route. L’alcool est en cause dans une proportion importante des homicides, dans environ le tiers des accidents mortels sur la route, et le cinquième des accidents domestiques. On lui impute beaucoup de divorces, d’accidents du travail, d’incendies volontaires, de crimes, de viols.

Le psychisme du buveur excessif s’altère progressivement et gravement. On note :

  • des troubles du caractère, irritabilité, susceptibilité, humeur sombre
  • un affaiblissement de la volonté et du contrôle de soi : insouciance, mensonges, vantardise, hypocrisie
  • des insomnies
  • un état dépressif avec complexe d’infériorité, cause de suicide
  • une baisse des facultés intellectuelles et des capacités d’attention
  • parfois des délires chroniques ou phénomènes de démence, conduisant à l’hospitalisation psychiatrique

L’alcool, même consommé en petite quantité, réduit l’aptitude à penser et à prendre des décisions, il altère la plupart des fonctions cérébrales (réfléchir, voir, agir). Il affecte la coordination physique et empêche de bien coordonner les mouvements.

L'alcool que l'on boit descend dans l'estomac, mais n'a pas besoin d'être digéré. Il passe directement de l'estomac dans l'intestin, puis dans la circulation générale. De là, il est distribué dans toutes les régions du corps. C'est le foie qui nous permet d'éliminer l'alcool, en le transformant en eau et en gaz carbonique (CO2). Le foie met environ une heure à éliminer le contenu d'un verre d'alcool. Une personne s'enivre lorsque qu'elle boit davantage d'alcool que son foie ne peut en éliminer dans le même laps de temps.

80 000 personnes en difficulté avec l’alcool consultent dans des établissements spécialisés chaque année. La France compte plusieurs millions de buveurs excessifs, dont le quart sont des femmes.

Certaines personnes boivent occasionnellement, lors de fêtes, de rassemblements. Ce sont des consommateurs occasionnels. D’autres boivent chaque jour, puis deviennent progressivement des consommateurs excessifs.

Un consommateur excessif peut évoluer en trois étapes vers la dépendance alcoolique :

  • Phase 1 : aucun dommage majeur n’apparaît. Les activités professionnelles, sociales et familiales sont globalement conservées. La santé mentale et physique n’est pas altérée de manière significative.
  • Phase 2 : des difficultés d’ordre relationnel, social, professionnel, judiciaire apparaissent. La santé physique et mentale amène parfois la personne à réduire ou à arrêter momentanément sa consommation d’alcool (abstinence).
  • Phase 3 : la personne est devenue incapable de réduire ou d’arrêter sa consommation, malgré la persistance des dommages. De nombreux symptômes apparaissent : tremblements, crampes, anorexie, troubles du comportement. Le consommateur est alors « alcoolo-dépendant ». Il est devenu un alcoolique.

Avec l’alcool, on perd tout : le désir de vivre, la confiance, la crédibilité vis-à-vis des autres, la dignité, le respect de soi-même, la liberté, l’autonomie ; on perd le sens des réalités.

L’absentéisme au travail est l’une des conséquences d’une alcoolisation excessive.

La maladie de l’alcoolique entraîne la maladie de l’entourage, puisque par extension l’alcool détruit le foyer et l’univers familial. En effet l’excès d’alcool peut entraîner des violences verbales et physiques sur le conjoint et les enfants, des disputes familiales et provoquer des séparations, des divorces. Il peut aussi engendrer d’autres maltraitances sur les enfants, telles que : abus, déviances sexuelles. L’alcool engloutissant tout l’argent du ménage, des problèmes financiers peuvent se greffer et prendre de dangereuses proportions : saisies, vente des biens immobiliers.     

L’association avec le tabac, qui est si fréquente, aggrave considérablement les risques. Il y a 1 milliard de fumeurs dans le monde, provoquant 4 à 5 millions de morts par an.

L’alcoolisme aigu ou ivresse

C’est l’intoxication par une quantité excessive de boisson alcoolique dans un temps limité. L’élévation de l’alcoolémie est très rapide et importante, des troubles s’y trouvent liés.

La première phase d’ébriété est caractérisée, selon les individus, soit par un état d’excitation (loquacité, gaieté, assurance mais diminution du contrôle de soi), soit au contraire par un état d’abattement (irritabilité, susceptibilité).

Vient ensuite un stade d’ivresse caractérisée où l’on constate une incohérence des propos, une libération des instincts, des troubles moteurs (titubation, incoordination des mouvements), une diminution de l’acuité sensorielle (vision double). A partir d’un certain seuil d’alcoolémie, c’est le sommeil pouvant aller jusqu’au coma (on est « ivre-mort ») et même à la mort dans des cas extrêmes. En général, la personne est nauséeuse et a la tête lourde : c’est la « gueule de bois ». Si cette ivresse est occasionnelle, elle est réversible et ne laisse pas de traces durables. Il n’en est pas de même si elle se répète souvent.

L’alcoolisme chronique

C’est l’intoxication répétée, par des doses variables de boissons alcooliques.

Ce n’est pas le plus souvent la répétition des crises d’ivresse, comme l’ivrognerie, mais plutôt l’ingestion habituelle, voire quotidienne, d’une ou de plusieurs boissons alcoolisées (vin, bière, cidre, apéritifs, digestifs) en quantité excessive.

Peu importe la nature de la boisson, ce qui compte c’est la quantité totale d’alcool absorbé, la durée et la répétition. Cette forme d’alcoolisme est plus discrète, car progressive, mais c’est la plus répandue et la plus dangereuse. En effet, le buveur la développe inconsciemment et les effets néfastes sur la santé ne sont perçus qu’après des années. Cette imprégnation alcoolique retentit sur le caractère du buveur ainsi que sur sa vie familiale et professionnelle.

La dépendance

Des critères diagnostiques de la dépendance ont été publiés et le sujet doit répondre à au moins trois des critères suivants :

  • le désir puissant et compulsif de consommer de l’alcool
  • l’altération de la capacité à contrôler sa consommation
  • la survenue d’un syndrome de sevrage quand il réduit ou arrête sa consommation
  • la tolérance aux effets de l’alcool : quantités augmentées pour obtenir l’effet désiré
  • la préoccupation unique de la consommation : les autres intérêts ou plaisirs sont abandonnés. Un temps considérable est passé pour se procurer le produit, consommer ou récupérer de ses effets
  • la poursuite de la consommation malgré les conséquences nocives et que le sujet ait conscience de leurs natures et effets.

Les différents critères sont rarement réunis et il existe des degrés dans la lente constitution de dépendance, compte tenu de la diversité des âges, des manières de boire, des dégâts et des causes.

Pourquoi boit-on ?

« Je bois pour oublier que je bois » (un alcoolique)

Différents facteurs rentrent en compte dans la consommation excessive et répétée d’alcool. Parmi ceux-ci, l’on peut citer :

  • des facteurs socio-culturels : l’influence du milieu professionnel, l’entraînement du groupe d’amis qui se retrouvent chaque soir au bar, la famille. En France, pays de la vigne, dès qu’il faut fêter quelque chose, on sort une bouteille d’alcool : c’est la règle, la tradition, et presque un rituel. Chez les jeunes, c’est même un rite initiatique : si tu sais boire, tu es un homme, un vrai…
  • des problèmes de personnalité : vaincre un mal-être, une timidité, réagir à un chagrin et à une perte. La personne cherche dans le produit une aide pour surmonter les difficultés auxquelles elle doit faire face. Elle veut ressentir l’effet anti-dépresseur momentané de l’alcool, qui a le pouvoir de tout chloroformer. Cet effet sera quasi immédiat, illusoire sans doute, mais peu importe pour le sujet, il répondra à un besoin de mieux-être instantané. L’anxiété est fréquente chez le buveur : les attentes de la personne alcoolique par rapport aux effets anxiolytiques sont aussi très importants. L’alcool permet de faire face, d’atténuer la souffrance. Les effets désinhibiteur (produisant un courage et une audace artificiels), euphorisant (stimulation de l’humeur) et hypnotique (pour trouver le sommeil) sont aussi très recherchés par l’alcoolique.

Comment s’en sortir

Il n’existe pas de réponse passe-partout, mais une réponse pour chaque individu, et celle-ci est du ressort du médecin.

Dans le plus total désarroi, la personne va devoir sortir du déni et faire face à son problème d’alcoolo-dépendance. Un événement, une rencontre, une crise sont souvent à l’origine du désir de changement. La personne aura tendance dans un premier temps à rationaliser la cause de son alcoolisme, l’attribuant plutôt à des phénomènes externes.

Elle devra recréer des liens, et se faire obligatoirement aider. Elle aura à sa disposition un certain nombre de possibilités (dont certaines sont des obligations, pour réellement s’en sortir) : prendre rendez-vous chez son médecin traitant et le revoir régulièrement, faire une cure de sevrage en milieu hospitalier, faire un séjour dans un centre d’hygiène alimentaire et d’alcoologie (CHAA), avoir des entretiens avec un thérapeute, fréquenter assidûment les réunions d’une association d’anciens buveurs…

Une lutte acharnée commencera alors, qui mènera à des victoires mais aussi à des défaites. Dans les cas graves, l’alcoolique ne s’en sortira pleinement qu’en prenant la décision de se passer définitivement d’alcool.


La prise de drogue

Selon des sondages fiables opérés sur des jeunes de 17 à 19 ans, 42 % des jeunes fument régulièrement du tabac. Parmi les usagers réguliers du cannabis, on trouve 21 % des garçons, et 8 % des filles. Les consommateurs réguliers d’alcool sont 18,5 % chez les garçons, et 6 % chez les filles. Le cannabis est donc, de loin, la substance illicite la plus fréquemment expérimentée : plus de la moitié des 17-19 ans (environ cinq filles sur dix et six garçons sur dix) déclarent en avoir déjà fumé au cours de leur vie.

Le mot « toxicomanie » vient du grec « toxikon », qui signifie « poison pour flèches », et  du grec « mania », qui signifie « folie, goût immodéré et déraisonnable pour ». La toxicomanie est donc le fait d’une personne qui a un goût démesuré pour les substances toxiques.

   Il y a alors état d’intoxication périodique ou chronique, engendré par la consommation répétée de drogues naturelles ou synthétiques. Ses caractéristiques sont notamment :

  • un invincible désir ou besoin de continuer à consommer la drogue et de se la procurer par tous les moyens
  • une tendance à augmenter les doses, à cause d’un phénomène de tolérance
  • une certaine dépendance psychique à l’égard des effets de la drogue, et généralement physique
  • des effets nuisibles à la société et l’individu

Qu’est-ce qu’une drogue ?

C’est une substance naturelle ou synthétique, qui produit certains effets au niveau du cerveau de l’individu, en modifiant ses réactions psychologiques et physiques, d’autant plus qu’elle est consommée d’une manière abusive.

Qu’est-ce qu’un toxicomane ?

C’est une personne qui a l’habitude d’absorber des doses croissantes de produits toxiques, et qui en dépend.  Ce sujet, il ne faut pas le confondre avec le consommateur occasionnel, qui a une tendance à la toxicomanie, mais n’est pas encore un toxicomane.

Un polytoxicomane est une personne qui consomme plusieurs variétés de substances toxiques à la fois, ce qui augmente chez lui les risques d’intoxication et d’accident. Exemple : l’association du tabac et de l’alcool – du cannabis, du tabac et de l’alcool – de l’ecstasy et des médicaments psychoactifs etc.

Les dangers des drogues

A côté des drogues « licites » comme l’alcool, le tabac, les substances volatiles ou les médicaments, l’on trouve le groupe des drogues dites « illicites » telles que les hallucinogènes, les produits stupéfiants etc.

Les effets dangereux des drogues se manifestent à deux niveaux :

  • au niveau psychologique : les substances toxiques agissent dans le cerveau en provoquant des modifications progressives de la volonté, des sentiments et des pensées, pouvant aller jusqu’à des troubles graves et mêmes parfois des lésions irréversibles.
  • au niveau physique, les atteintes sont certaines, surtout chez les consommateurs réguliers de drogue dite « dures » ; elles peuvent entraîner la mort

Il est vrai que la plupart des drogues procurent des sentiments de plaisir, d’euphorie, de bien-être très recherchés par leurs usagers. Cependant le revers de la médaille est tout autre : la drogue est une arme chimique qui détruit parallèlement son consommateur.

Chaque consommation ne présente pas les mêmes dangers : elle dépend aussi de la vulnérabilité du consommateur, du produit utilisé, de la quantité consommée, de la fréquence et du contexte de la consommation. Signalons ici le danger des nouvelles drogues de synthèse, qui circulent sous le manteau.

Pourquoi se drogue t-on ?

L’on se drogue à partir de l’âge de quinze ans. Plusieurs facteurs font qu’un jeune en vient à se droguer :

  • tout d’abord, parce que le produit est présent en grande quantité sur le marché, et atteignable facilement
  • puis, pour deux raisons principales, qui furent mises en avant grâce à de nombreux sondages auprès de lycéens : compenser la souffrance, et oublier le monde quotidien.
  • l’on se drogue aussi pour échapper à l’ennui, par attrait du plaisir et des nouvelles sensations, par déception sentimentale, par attrait de l’interdit, par curiosité, par désir de puissance, ou simplement par entraînement collectif
  • mais aussi à cause des difficultés relationnelles avec ses parents : difficultés de communication, et de prise d’autonomie

Dans la plupart des cas, une prise de drogue régulière est la rencontre entre une personne psychologiquement fragile et une substance toxique, dans un contexte familial et social défavorable.

Comment s’en sortir

Nous l’avons dit, la consommation de drogue est la rencontre d’un sujet, d’un produit, dans certain contexte socioculturel (famille – société). D’autre part, elle est souvent le fait d’un sujet jeune, qui traverse une crise (et notamment la crise d’adolescence).

Il faudra donc entamer un dialogue avec lui : ce dernier peut se produire :

  • à l’école, lors d’une discussion avec un enseignant, ou d’une séance de prévention-drogue
  • à la maison, si la communication parent-enfant est bonne
  • à l’occasion du contact avec un ami sûr, qui peut être une membre ou un ami de la famille, un adulte rencontré dans une association
  • lors d’une consultation avec le médecin traitant, si ce dernier laisse du temps pour que le problème soit exprimé, reconnu et exploré
  • lors d’un contact téléphonique avec l’écoutant d’un numéro vert

L’important sera dans un premier temps d’essayer de comprendre et d’aider, et non pas de reprendre et de juger. Il faudra à tout prix essayer de préserver la qualité de la relation. Tout ce qui provoque le mal-être et la souffrance doit être abordé progressivement : il s’agit de découvrir les racines du comportement toxicomaniaque et de les traiter.

Le médecin jugera de l’opportunité d’un placement dans un centre de postcure. Comme pour les personnes alcooliques, des rechutes peuvent avoir lieu. Il faut à tout prix un suivi psychologique et médical assuré dans le temps, beaucoup de patience et de fermeté de la part de l’entourage proche, qui doit se préparer à vivre un traumatisme réel, prolongé et malheureusement souvent destructeur.


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